Selon des sources familiales citées par plusieurs médias guinéens, Sidya Touré a rendu l’âme aux environs de 23 heures, après plusieurs mois de maladie. L’homme politique vivait depuis quelque temps à Abidjan, en Côte d’Ivoire, avant son transfert vers Paris dans un état critique. La nature exacte de sa maladie n’a pas été communiquée. Une carrière politique marquée par les responsabilités et l’opposition Né en 1945, Sidya Touré aura marqué la vie politique guinéenne pendant près de trois décennies. Avant son entrée au gouvernement, il a notamment exercé des responsabilités en Côte d’Ivoire, où il a travaillé dans l’administration et côtoyé plusieurs personnalités politiques ivoiriennes. En juillet 1996, il est nommé Premier ministre de Guinée par le président Lansana Conté. Il occupe cette fonction jusqu’en mars 1999, avant de quitter le gouvernement. Quelques années plus tard, il fonde l’Union des forces républicaines (UFR), une formation politique qui deviendra l’un des principaux partis d’opposition du pays. À la tête de cette formation pendant plus de vingt ans, Sidya Touré s’impose comme l’une des voix importantes du débat politique guinéen. Lors de l’élection présidentielle de 2010, organisée après la période de transition militaire, il se présente comme candidat et termine troisième avec 13,62 % des suffrages exprimés. Un opposant resté actif malgré l’exil Après son engagement dans l’opposition, Sidya Touré connaît plusieurs périodes d’éloignement du pays. Après un premier séjour à l’étranger, il revient en Guinée en septembre 2021 avant de repartir en exil en 2022. Malgré son absence physique du territoire national, il continue de suivre les activités de son parti et d’intervenir dans la vie politique. En mai 2025, il participe notamment par visioconférence au congrès extraordinaire de l’UFR. Son décès intervient dans un contexte politique particulier pour sa formation. L’UFR figure parmi les partis politiques dissous par les autorités guinéennes en mars 2026, aux côtés notamment de l’Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG) et du Rassemblement du peuple de Guinée (RPG). Des hommages venus de la classe politique L’annonce de sa disparition a provoqué de nombreuses réactions dans le paysage politique guinéen. Le docteur Ousmane Kaba, président du PADES et ancien ministre, a salué la mémoire d’un homme qu’il connaissait depuis plusieurs années : « Personnellement, je perds un aîné, un compagnon de route et un grand frère. » D’autres responsables politiques, dont Baïdy Aribot, ont également rendu hommage à l’ancien Premier ministre, saluant son engagement dans la vie publique nationale. Avec la disparition de Sidya Touré, la Guinée perd l’un des acteurs politiques qui auront accompagné les grandes évolutions du pays depuis la fin des années 1990. Son parcours restera associé aux fonctions gouvernementales qu’il a occupées, à la création de l’UFR et à plusieurs décennies de débat politique national.