Après une progression du produit intérieur brut (PIB) estimée à 7,4 % en 2025, contre 5,7 % en 2024, la Guinée bénéficie de nouvelles perspectives liées à l’exploitation du plus grand gisement de fer au monde situé dans la région de Simandou. Le projet, dont les premières cargaisons ont été annoncées en décembre 2025, prévoit à terme une production pouvant atteindre 60 millions de tonnes de minerai de fer par an. Ces perspectives de croissance sont également suivies par d’autres institutions financières internationales, même si les projections varient selon les méthodologies utilisées. Le Fonds monétaire international (FMI) prévoit une croissance de 9,3 % en 2027, tandis que la Banque mondiale table sur une progression du PIB de 8,8 % en 2026, puis 11,6 % en 2027 et 10,7 % en 2028. Au-delà des chiffres, les institutions soulignent toutefois un défi majeur : la forte dépendance de l’économie guinéenne au secteur minier. La croissance actuelle repose largement sur les exportations de ressources naturelles, alors que le pays cherche encore à renforcer la transformation locale et la diversification de son économie. La Banque mondiale relève notamment la faible diversification des exportations guinéennes, caractérisées principalement par l’exportation de matières premières minières et l’importation de produits manufacturés. Pour les observateurs économiques, l’enjeu sera donc de transformer cette croissance minière en retombées durables à travers le développement industriel, la création d’emplois et le renforcement du tissu économique local. La BAD appelle ainsi à poursuivre les efforts de mobilisation des ressources intérieures et à mettre en place les conditions permettant de traduire les performances macroéconomiques en investissements productifs et en amélioration des conditions de vie. Avec Simandou comme principal moteur de croissance, la Guinée se trouve face à un défi stratégique : faire de son potentiel minier un véritable levier de transformation économique, au-delà des seuls indicateurs de croissance.